Rémi Amiot

Dnsep 2015

Lauréat 2015 du prix de la Jeune création de la Ville de Nice

Rémi Amiot met en place un travail expérimental principalement axé sur les relations qu’entretient l’espace de l’exposition avec les vibrations chromatiques.

Au travers de son travail de sculpture, il questionne le white cube en tant qu’« espace lumière » et la perception de la couleur qu’il révèle.

Il conçoit des dispositifs mécaniques tels que Dreamachine ou Sculpture RVB dans lesquels la composition chromatique en mouvement accéléré devient blanche pour le premier, tandis que le second est un décryptage de la lumière blanche résumée à sa plus simple expression du système de codage numérique des couleurs : le rouge, le vert et le bleu. Rémi Amiot poursuit cette dissection de l’image numérique à ses trois couleurs génériques dans une série d’œuvres qui se déclinent dans la réalisation d’éditions, de vidéos voire de vitraux. Si la perception est en jeu dans le rapport du spectateur avec ses œuvres, en creux c’est de l’imperceptible dont il est question  dans sa pratique.

Fragment est un rouleau de papier dont l’une des tranches a été poncée de sorte que les couches de papier ne fassent finalement plus qu’un bloc compact. Qu’ils nous invitent à voir ce que l’on ne perçoit jamais ou qu’ils évoquent l’invisible, ses travaux sont des allégories en quête d’un idéal concret.

Benjamin Laugier

Monolithe #2

Surfaces ouvertes et lumineuses comme un retable aux couleurs subtiles et épurées qui procurent au regard un sentiment durable de calme.

Aspect visuel et sculptural des matériaux chromatiques.

La variation de l’intensité est comprise comme répétition de la différence.

Forme colorée aux contours nets dans l’espace blanc de la feuille

Recouvrement de la surface qui entre en dialogue avec la fluidité de la « peau » épaisse et immaculée du papier.

La présence de la forme suspendue au milieu du vide, telle une découpe posée sur un socle parfaitement défini.

R. A.

<em>Monolithe #2</em>, 2013-14, <br>pastel sec sur papier, <br> 135 x 250 cm<em>Monolithe #2</em>, 2013-14, <br>pastel sec sur papier, <br> 135 x 250 cm<em>Monolithe #2</em>, 2013-14, <br>pastel sec sur papier, <br> 135 x 250 cm

Fenêtre

Fenêtre découpée dans l’espace.

Le spectateur fait ainsi partie intégrante de la couleur au travers laquelle il regarde.

Espace et délimitation.

Le spectateur n’est plus face, mais derrière un écran, pour découvrir le monde au travers d’un filtre numérique.

R. A.

<em>Fenêtre</em>, 2013-14, <br>acier,gélatine rouge, verte et bleue <br>200 x 230 cm<em>Fenêtre</em>, 2013-14, <br>acier,gélatine rouge, verte et bleue <br>200 x 230 cm<em>Fenêtre</em>, 2013-14, <br>acier,gélatine rouge, verte et bleue <br>200 x 230 cm

Sans titre

Plusieurs lectures sont possibles. Page par page, ou à la manière d’un flip book, cette édition témoigne de la contagion de la couleur sur le support.

Mais aussi de l’importance du support, sur lequel se développe progressivement ce fin voile coloré.

La couleur agit comme une bactérie, qui petit à petit finit par ronger et recouvrir les pages du livre.

La couleur, surgit au rythme de la lecture, prend possession de l’intérieur de la surface des pages pour les transformer en monochromes.

R. A.Sans titre, 2015 <br>impression jet d'encre sur papier couché <br> 80 pages <br>25 x 18 cmSans titre, 2015 <br>impression jet d'encre sur papier couché <br> 80 pages <br>25 x 18 cmSans titre, 2015 <br>impression jet d'encre sur papier couché <br> 80 pages <br>25 x 18 cmSans titre, 2015 <br>impression jet d'encre sur papier couché <br> 80 pages <br>25 x 18 cmSans titre, 2015 <br>impression jet d'encre sur papier couché <br> 80 pages <br>25 x 18 cm

Soleil

Proposer une vibration de couleur, sectionnée dans un faisceau de lumière blanche.

La dissection d’un rayon lumineux, par l’intermédiaire d’une pulsation, d’une vibration.

Respiration, bouillonnement chromatique mis à nu.

Forme insaisissable, flottant au centre de l’espace. Espace noir, où la lumière et la couleur sont absentes.

Poésie contemplative, portée par des phénomènes élémentaires.

Le côté expérimental auquel se heurte le regard nous confronte à la perception de l’insaisissable, à une musicalité chromatique où la couleur est au présent, en train de se faire.

Les papillonnements de trames colorées évoluent, se mélangent, s’isolent et se reforment.

R. A.

Soleil, 2013 fil de coton, moteur et videoprojection dimensions variables<em>Soleil</em>, 2013 <br>fil de coton, moteur et videoprojection <br>dimensions variables<em>Soleil</em>, 2013 <br>fil de coton, moteur et videoprojection <br>dimensions variables

Minerais

La surface orientée permet de rompre l’espace, de s’en imprégner et de dévoiler sa lumière qui glisse et qui se répand.

Dans un certain sens, et une certaine poésie, elle permet d’accompagner et d’accrocher ce faisceau qui se développe.

Les deux sections, se présentent comme un espace-lumière au sein duquel existe une vibration chromatique presque imperceptible, conférant une certaine vie au support de l’information.

Le plan est brisé et laisse entrevoir la couleur prise au sein même de la sculpture.

Coupe de l’espace, en dissection.

On accède ainsi à l’information dont est porteur le plan lumière.

Une couleur arrêtée, pure.

R. A.

<em>Minerais</em>, 2014-15 <br>panneaux de bois laqué, acier, céramique émaillée, <br>170 x 200 x 180 cm<em>Minerais</em>, 2014-15 <br>panneaux de bois laqué, acier, céramique émaillée, <br>170 x 200 x 180 cm<em>Minerais</em>, 2014-15 <br>panneaux de bois laqué, acier, céramique émaillée, <br>170 x 200 x 180 cm

Desseins

Le dessin témoigne d’une grande place occupée dans mon travail par de les notions de réglage et de construction.

Ils sont des choix techniques dans lesquels s’expriment déjà des pensées et des intentions.

Ils sont une première projection. Une première empreinte.

Ils sont aussi la trace, les traces de l’idée première.

Selectionnés, agrandis, ils sont un temps déplacé, figé.

R. A.

<em>Desseins</em>, 2015 <br>série, impression jet d'encre sur papier, <br>90 x 150 cm

Dreamachine

Objet mécanique et lumineux, composé des trois couleurs primaires de la lumière.

Le cylindre irradie dans un mouvement ralenti et baigne de lumière et de couleurs, l’espace, d’une manière infime.

Objet hybride à la recherche de sa source.

Le rêve cherche à devenir réalité.

Bien que l’ancien moteur témoigne de la fonction de la sculpture et puisse atteindre une vitesse très élevée, nous ne sommes ici que dans la projection de la transformation de la sculpture en un cylindre blanc.

Un bloc de lumière, irradiant.

R. A.

<em>Dreamachine</em>, 2015 <br>acier, moteur, tubes fluos, <br>120 x 30 x 40 cm<em>Dreamachine</em>, 2015 <br>acier, moteur, tubes fluos, <br>120 x 30 x 40 cm<em>Dreamachine</em>, 2015 <br>acier, moteur, tubes fluos, <br>120 x 30 x 40 cm

Fragment

Cylindre blanc, fixé au mur. Horizontal.
Il se dévoile comme un matériau.
Son épaisseur n’est due qu’aux strates successives du papier enroulé sur lui-même.
Coupe franche dans un espace brut, propice au développement des informations.
Transformer, rassembler en une même unité, fusionnée, lissée, une section d’ensemble.

Le cylindre devient l’espace de tension entre ses faces qui se regardent.

R. A.

<em>Fragment</em>, 2015 <br>papier, <br>60 x 8 x 8 cm<em>Fragment</em>, 2015 <br>papier, <br>60 x 8 x 8 cm<em>Fragment</em>, 2015 <br>papier, <br>60 x 8 x 8 cm<em>Fragment</em>, 2015 <br>papier, <br>60 x 8 x 8 cm

Femto-copies

Témoin d’une «performance-machine» d’une durée totale de 14h.

À partir d’une réflexion autour des notions de perception, de traces insaisissables et d’événements aléatoires, ce dispositif permet de sonder l’espace et de disséquer le temps en interrogeant les conditions d’apparition d’une réalité non visible.

L’empreinte du temps , mais aussi celles des spectateurs ont été capturées.

R. A.

Femto, (symbole fm) vaut un billiardième (millionième de milliardième) de mètre, soit 10-15 m.

<em>Femto-copies</em>, 2015 <br>photocopie noir et blanc sur papier 80 g. <br> 41 x 28,7 x 10,5 cm<em>Femto-copies</em>, 2015 <br>photocopie noir et blanc sur papier 80 g. <br> 41 x 28,7 x 10,5 cm<em>Femto-copies</em>, 2015 <br>photocopie noir et blanc sur papier 80 g. <br> 41 x 28,7 x 10,5 cm<em>Femto-copies</em>, 2015 <br>photocopie noir et blanc sur papier 80 g. <br> 41 x 28,7 x 10,5 cm<em>Femto-copies</em>, 2015 <br>photocopie noir et blanc sur papier 80 g. <br> 41 x 28,7 x 10,5 cm<em>Femto-copies</em>, 2015 <br>performance <br> 41 x 28,7 x 10,5 cm

La Respiration

Respiration lumineuse.
La projection est une boucle.
La pellicule 8mm n’est d’ailleurs pas un véritable film de projection, mais un support sur lequel est creusée l’information à travers laquelle passe le faisceau lumineux.
Cette information est une respiration.
Ma respiration.
Chronométrée et transformée en 24 images par seconde, puis en 24 découpes par seconde dans la courroie.

Le projecteur est un corps, tenu en vie par cette boucle, intemporelle, qui anime la lumière projetée.

R. A.
<em>La Respiration</em>, 2015 <br>projecteur 8 mm, rodhoïd noir, <br>40 x 23 x 12 cm<em>La Respiration</em>, 2015 <br>projecteur 8 mm, rodhoïd noir, <br>40 x 23 x 12 cm<em>La Respiration</em>, 2015 <br>projecteur 8 mm, rodhoïd noir, <br>40 x 23 x 12 cm<em>La Respiration</em>, 2015 <br>projecteur 8 mm, rodhoïd noir, <br>40 x 23 x 12 cm