Néphéli Barbas

Dnsep 2015 – Félicitations

La démarche de Néphéli Barbas oscille entre une pratique de la sculpture et du dessin qui va à la fois puiser dans les codes de l’architecture et du design mais aussi dans un univers plus drolatique, étrange et personnel.

Au travers d’ouvertures formelles ou implicites, elle offre à voir objets, intérieurs et constructions qui relèvent du célèbre Point Ligne Plan ainsi que des formes plus intuitives voire fantomatiques.

Confrontant les pratiques artisanales avec les techniques de pointe, elle utilise la découpe au laser pour réaliser Oculus, marqueterie sur une planche de bois suspendue. Fakir, quant à lui, est une sculpture en porte-à-faux qui déjoue les artifices grotesques de la lévitation. Ses dessins sur papier, parfois accrochés sur des lés de papier imprimé, sont des mises en scènes d’objets et d’intérieurs issus de l’histoire récente des arts décoratifs.

Dans un registre plus burlesque, Mégots mégalos, est un cendrier grossièrement façonné rempli de mégots hyperréalistes à ceci près que l’un et l’autre sont disproportionnés.

De l’usage de thé noir, crevettes et baies coulés dans la résine pour ses sculptures à celui de la règle dans ses dessins, des œuvres de Néphéli Barbas découle une vitalité baroque.

Benjamin Laugier

Dessins

Néphéli Barbas - dessinNéphéli Barbas - dessinNéphéli Barbas - dessinNéphéli Barbas - dessinvue d'accrochageNéphéli Barbas - dessinvue d'accrochagevue de détailvue de détail

Cimaise

Dans le neutre de la cimaise surgit une forme baroque, sorte de fenêtre singulièrement déformée. Cette cimaise avec ouverture en haricot a plusieurs fonctions : elle lie les objets épars avec l’espace d’exposition. C’est un objet transitoire qui doit proposer une lecture différente de l’espace et, selon l’endroit où l’on se place, en proposer un nouveau découpage. L’ouverture propose un cadre et découpe un plan, qui donne mieux à comprendre le rapport qu’entretiennent mes sculptures avec la ligne du dessin. La lunette en métal qui marque l’ouverture est en métal d’un gris-bleu passe-partout, qu’on pourrait rencontrer dans un bureau ou une administration, couleur contrebalancée par la forme exubérante : en biologie, développement excessif d’une partie d’un corps, d’un tissu ou d’un organe.

N. B.

<em>Cimaise</em>, 2015<em>Cimaise</em>, 2015<em>Cimaise</em>, 2015<em>Cimaise</em>, 2015 <br>vue d'accrochage

Bibliothèque

<em>Bibliothèque</em> <br>vrayon sur papier <br>30 x 60 cm

Oculus

Oculus présente une marqueterie dont le placage est découpé à l’aide d’une machine laser. Un décalage intéressant est produit par le télescopage de l’aspect pittoresque d’une marqueterie et du fait que, lorsque l’on se penche dessus, on réalise que le dessin n’a pas pu être réalisé par une main humaine. La sensation d’étrangeté est aussi produite par la scène mise en place par les morceaux de bois : un bureau désaffecté, avec des accessoires dont on a oublié l’utilité. Le bureau : l’atelier décalé (auquel on enlève le caractère d’exception et d’originalité de l’atelier d’artiste). Ce lieu de travail, d’occupation, avec des outils dont je ne connais pas forcément l’usage, me séduit par son étrangeté. Le porte-documents, les corbeilles à courrier, les modules de classement, les sous-mains, les trieurs et les organisateurs sont un véritable répertoire de formes, déjà désuets, bientôt oubliés. Ils sont au bureau ce que le chevalet est à l’atelier de l’artiste. La marqueterie est couramment utilisée à des fins ornementales, c’est une technique qui demande du temps et de l’investissement. Elle est le plus clair du temps florale ou champêtre, essentiellement décorative, déroulée sous forme de motifs, alors qu’ici elle est utilisée pour composer une scène a priori banale, en lui donnant une dimension nouvelle.

N. B.

<em>Oculus</em>, 2015 <br>bois, technique mixte <br>200 x 80 cm<em>Oculus</em>, 2015 <br>bois, technique mixte <br>200 x 80 cmvue d'accrochagevue d'accrochage

Faisselle

<em>Faisselle</em>, 2012 <br>argile <br>80 x 40 x 40 cm<em>Faisselle</em>, 2012 <br>argile <br>80 x 40 x 40 cm<em>Faisselle</em>, 2012 <br>argile <br>80 x 40 x 40 cm

Transat

Une plaque de verre est posée sur un support qui évoque la forme du transat. Les rayures que l’on aperçoit à sa surface sont celles d’un verre de lunettes usé par le temps, agrandies et gravées de manière mécanique.

N. B.

<em>Transat</em>, 2013 <br>métal, bois, gravure sur verre <br>120 x 40 x 50 cmvue d'accrochage

Sans titre (dessin)

sans titre, 2014 <br>crayon sur papier

Pédicure poisson

<em>Pédicure poisson</em>, 2013 <br>crayon sur papier, technique mixte <br>30 x40 cm<em>Pédicure poisson</em>, 2013 <br>crayon sur papier, technique mixte <br>30 x40 cm<em>Pédicure poisson</em>, 2013 <br>crayon sur papier, technique mixte <br>30 x40 cm

Porte-dessin


Mon travail plastique est essentiellement un travail d’aller et de retour entre la sculpture et le dessin. L’attrait pour l’objet y est très important ; je m’intéresse à des objets qui ont une caractéristique physique spéciale, singulière ou étrange, que cette singularité soit due à leur méthode de fabrication ou à leur apparence générale. Je me suis par exemple penchée sur la forme du porte Coran, dont j’ai fait un porte dessin : le porte Coran traditionnel est fabriqué à partir d’un seul bloc de bois, taillé jusqu’à produire deux pièces imbriquées l’une dans l’autre.

N. B.


<em>Porte-dessin</em>, 2013 <br>bois <br>60 x 50 x 30 cm<em>Porte-dessin</em>, 2013 <br>bois <br>60 x 50 x 30 cm<em>Porte-dessin</em>, 2013 <br>bois <br>60 x 50 x 30 cm

Cactus fatigué

<em>Cactus fatigué</em>, 2013 <br>crayon sur papier <br>21 x 29,7 cm

Mégots mégalo

Dans le cendrier les mégots sont atteints de gigantisme. Le mégot – cigarette privée de sa substance, chiffonnée et amorphe –, est modelé dans la terre avec précision et réalisme, et par là-même devient une forme finie, alors que le cendrier – objet fabriqué industriellement –, est volontairement façonné de manière grossière. Dans une seconde version du travail, les géants mégots sont plongés dans de la résine, avec des cendres, coques de pistaches et capsules de bière, entre autres résidus de vie, captés sur le vif. Installé sur un pied et pourvu d’une poignée permettant de le porter, le tout évoque les cendriers placés à l’extérieur des bars ou des espaces publics, et marque ainsi la délimitation entre extérieur et intérieur.

N. B.

<em>Mégots mégalo</em>, 2014 <br>argile et peinture <br>6 x 30 x 30 cm<em>Mégots mégalo</em>, 2014 <br>argile et peinture <br>6 x 30 x 30 cm<Mégots mégalo</em>, 2014 <br>résine, métal<em>Mégots mégalo</em>, 2015 <br>résine, métal

Planche à pieds

<em>Planche à pieds</em>, 2013 <br>plâtre, thé noir, métal, crevettes, moules, baies, résine <br>110 x 40 x 100 cm<em>Planche à pieds</em>, 2013 <br>plâtre, thé noir, métal, crevettes, moules, baies, résine <br>110 x 40 x 100 cm<em>Planche à pieds</em>, 2013 <br>plâtre, thé noir, métal, crevettes, moules, baies, résine <br>110 x 40 x 100 cm

Fakir

<em>Fakir</em>, 2014 <br>technique mixte <br>160 x 80 x 60 cm<em>Fakir</em>, 2014 <br>technique mixte <br>160 x 80 x 60 cm